Une mobilisation nationale rassemblant lycéens, gilets jaunes et militants du climat est annoncée pour samedi 17 octobre. À la veille de cette journée, l'ampleur exacte du mouvement reste incertaine.
À Paris, le préfet de police Patrice Faure a annoncé vendredi qu'aucun accord n'avait été trouvé avec les organisateurs sur le parcours du cortège, précisant que ses services travaillaient à un accord.
Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a demandé au Premier ministre Sébastien Lecornu de convoquer une cellule interministérielle de crise en vue des mobilisations. Il a également précisé que les grenades assourdissantes, dont l'usage avait été suspendu pour le mouvement lycéen, pourraient être utilisées en cas de violences urbaines extrêmement graves.
Selon les estimations des autorités, environ 70 000 à 140 000 personnes pourraient manifester en France, sous des formes très différentes selon les endroits. Les gilets jaunes ont annoncé un millier d'actions pour défendre le pouvoir d'achat, espérant peser en plein débat budgétaire.
La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a estimé que les revendications de cette mobilisation, notamment contre la vie chère, rejoignaient celles de la jeunesse. Elle a contesté tout essoufflement du mouvement lycéen et demandé au Premier ministre d'annoncer d'urgence la fin de Parcoursup et de changer en profondeur le projet de budget.
Le mouvement lycéen, parti d'un établissement de banlieue parisienne le 17 septembre, semblait s'essouffler vendredi à la veille des vacances. Dans le Rhône, la préfecture relevait neuf établissements concernés par des barricades ou de petits rassemblements, un début de matinée plutôt calme. À Paris, le calme semblait revenu devant le lycée Hélène-Boucher. À Saint-Denis, le lycée Paul-Éluard est resté portes closes, le portail principal partiellement noirci par les flammes. À Toulouse, les grilles des établissements perturbés la veille étaient closes. À Lille, l'accès à Sciences Po restait bloqué par une trentaine d'étudiants.
Le ministre de l'Éducation nationale Édouard Geffray a échangé jeudi soir avec les organisations lycéennes pour la troisième fois depuis le début du mouvement, estimant qu'une bonne partie du chemin avait été faite pour entendre les revendications. Les organisations lycéennes, dont l'Union syndicale lycéenne, Les Lycéens ! et Renouveau lycéen, n'ont pas été convaincues et ont confirmé leur appel à rejoindre les manifestations du 17 octobre, dénonçant l'état du bâti scolaire, Parcoursup et les emplois du temps.
Le gouvernement a annoncé un plan d'urgence de remplacement des professeurs absents, avec l'affectation de 2 000 remplaçants depuis vendredi sur les 3 000 promis. Le ministère a également indiqué que 165 personnels de l'Éducation nationale ont été blessés depuis le début de la mobilisation.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a dénoncé un mouvement transformé en mouvement de violences urbaines, qui fait selon lui injure aux lycéens.
