Le Collectif 20 ans de créole à l'école, qui se présente également comme porteur des droits des enfants réunionnais, a adressé une tribune publiée le 5 octobre 2026 dans la rubrique Courrier des lecteurs d'Imaz Press Réunion. Le texte s'adresse aux signataires du Pacte linguistique signé en novembre 2023 et leur demande un point d'étape sur sa mise en œuvre.
Le Collectif rappelle qu'il avait déjà écrit en mars 2024 pour appeler à « un travail collectif transparent et démocratique sur la structuration d'une politique linguistique ambitieuse et volontariste en faveur de notre créole réunionnais ».
Sur l'Institut public du créole réunionnais, le Collectif demande que soient précisés son statut, les communes ou intercommunalités appelées à s'y associer, les priorités de ses travaux — aménagement de la langue, statut et usage de la langue — et la place réservée aux acteurs du Collectif œuvrant dans le domaine linguistique.
Sur la transparence du Pacte, il demande la composition du comité scientifique de vingt membres, le nombre de réunions effectivement tenues alors que le Pacte en prévoit deux par an, et l'accès éventuel aux comptes rendus. Il s'enquiert aussi de la tenue de la « journée du pacte linguistique ouverte au grand public » ou, à défaut, des raisons de sa non-tenue, ainsi que de l'existence et de la consultabilité des « conventions financières annuelles » précisant l'apport de chaque signataire. Il interroge enfin les perspectives de renouvellement du Pacte en novembre 2026.
Le Collectif exprime un « sentiment de mise à l'écart » et estime qu'il existe « un manque de volonté politique de faire travailler ensemble les forces vives linguistiques de notre île », malgré les déclarations et les rencontres selon lui.
Sur l'école, il dit ne pas comprendre que, près de trois ans après le vote par la Région de la motion de décembre 2023 « Pour une école en harmonie avec notre société », les engagements pris n'aient pas été tenus : le « Grand plan d'information sur l'enseignement de la langue, de la culture réunionnaises et de l'Histoire de La Réunion », l'identification d'un poste de référent de la politique linguistique et celle d'un chargé de mission. Il juge « plus qu'urgente » une Convention État-Région pour l'enseignement et le développement de la langue et de la culture réunionnaises.
À l'approche de la Journée internationale du créole, le Collectif dit rester mobilisé et souhaite « un positionnement clair » sur ces interrogations. Il s'agit d'une tribune attribuée au Collectif ; les faits qu'elle avance sur les engagements non tenus et sur le sentiment de mise à l'écart relèvent de son appréciation et n'ont pas été confirmés par les institutions destinataires dans les sources consultées.
