Une grève engagée le 7 octobre chez CISE Réunion, délégataire des services publics d'eau potable et d'assainissement, perturbe depuis plusieurs jours la production et la distribution d'eau dans l'Est et le Sud de l'île. La Communauté intercommunale Réunion Est (CIREST) indique avoir adressé, le lundi 12 octobre, deux mises en demeure aux sociétés concernées par l'exploitation de ces services sur son territoire.
Selon la CIREST, le mouvement social ne dispense pas les délégataires de leurs obligations contractuelles de continuité du service public. La collectivité exige la mobilisation immédiate de moyens humains, techniques et matériels, la mise en place aux frais du délégataire d'une distribution d'eau embouteillée pour les usagers touchés par les restrictions sanitaires à Saint-Benoît, une surveillance renforcée des installations avec astreinte opérationnelle, ainsi qu'une information régulière des usagers, de la collectivité et des autorités sanitaires. Son président, Joé Bédier, demande aussi une implication directe des directions de CISE Réunion, d'O2LEST et, si nécessaire, du groupe SAUR, pour accélérer les négociations avec les représentants du personnel. La CIREST se réserve la possibilité de sanctions contractuelles ou d'une mise en régie provisoire aux frais et risques du délégataire si les manquements persistent.
À Saint-Benoît, l'arrêt d'une installation de chloration a conduit CISE Réunion à annoncer le 11 octobre des restrictions de consommation dans plusieurs secteurs, la qualité microbiologique de l'eau ne pouvant plus être garantie. Le préfet de La Réunion a pris dès le 11 octobre des mesures de réquisition afin d'assurer le maintien des missions essentielles.
Dans un communiqué publié le 13 octobre, la direction de CISE Réunion indique que la distribution d'eau a été rétablie dans l'ensemble des secteurs affectés grâce aux réquisitions de personnels et à la mobilisation des équipes disponibles. L'eau ne peut toutefois pas encore être déclarée potable dans certains secteurs du Tampon et de Saint-Benoît, où des distributions de bouteilles sont organisées. À Saint-Benoît, 18 palettes, soit 6 912 bouteilles de 1,5 litre, ont été acheminées dans trois écoles de la commune, avec une nouvelle distribution prévue mercredi 14 octobre. Au Tampon, les palettes ont été distribuées dans les quartiers par les services municipaux.
La qualité de l'eau fait l'objet d'une surveillance renforcée. Dans la partie basse du Tampon et sur le secteur d'Abondance à Saint-Benoît, où près de 3 700 abonnés sont concernés, les résultats des analyses sont attendus jeudi 16 octobre. Le retour à la normale ne sera confirmé qu'après validation par les autorités sanitaires. L'entreprise dit travailler en lien avec la CIREST, la CASUD, l'Agence régionale de santé et les services de l'État.
CISE Réunion signale par ailleurs des actes de malveillance constatés ces derniers jours sur des équipements du réseau, qui fragilisent l'alimentation, et appelle au civisme. Sur les revendications salariales, la direction estime qu'une hausse générale de 30 % ne peut pas être absorbée dans les équilibres économiques actuels et compromettrait la pérennité du service, tout en renvoyant les questions salariales au cadre des négociations annuelles obligatoires. Elle affirme que les premières revendications relatives au dialogue social et à l'organisation de l'entreprise ont trouvé une réponse et se dit ouverte au dialogue.
