Le conflit social qui touche CISE Réunion, entamé depuis huit jours, perturbe fortement la distribution d'eau dans le Sud et l'Est de La Réunion. Une médiation entre les salariés grévistes et leur direction est désormais prévue lundi 19 octobre à l'inspection du travail, selon les informations communiquées par la DEETS. Initialement envisagée pour mardi, cette rencontre a été avancée.
Vendredi matin, le président de la CIREST et maire de Saint-André, Joé Bédier, s'est rendu auprès des salariés grévistes pour échanger et entendre leurs préoccupations. Dans un communiqué, il appelle à une sortie rapide du conflit et à une reprise du dialogue. « Derrière ce conflit, il y a des salariés, des familles et des inquiétudes qui doivent être entendues. Ma présence à leurs côtés traduit une conviction : le dialogue doit permettre de trouver une issue et des réponses concrètes », souligne-t-il. Il réaffirme sa mobilisation pour faciliter le dialogue et accompagner la recherche d'un accord.
De son côté, la direction de CISE Réunion indique avoir adressé une proposition de sortie de crise aux grévistes. Réunie jeudi avec les représentants du personnel, elle a formulé une proposition transmise le soir même à l'ensemble des collaborateurs. Elle complète les engagements déjà formalisés dans un projet de protocole de fin de conflit portant sur l'organisation et les responsabilités, le dialogue social, les conditions de travail, la gestion des emplois et des parcours professionnels, la protection complémentaire santé et différents dispositifs d'accompagnement.
La direction précise que ses propositions représentent au total jusqu'à 350 € par collaborateur sur une année complète, soit 200 € sur la mutuelle, 100 € pour les œuvres sociales et 50 € sur la prime d'eau. Elle réaffirme son respect du droit de grève et du choix de chaque collaborateur, et rappelle que la revendication d'une augmentation générale de 30 % des salaires ne peut pas être absorbée sans conséquence sur la pérennité du service et sur le prix de l'eau. Les questions salariales relèvent des négociations annuelles obligatoires, dont le prochain rendez-vous est fixé en 2027, selon l'entreprise. La direction indique vouloir solliciter le concours de l'inspection du travail pour accompagner la poursuite du dialogue.
Sur le plan de la distribution en eau, Le Tampon reste le principal point de difficulté : des manques d'eau persistent et les stocks de certains réservoirs sont critiques, sous l'effet conjugué d'une forte consommation, d'un problème électrique, d'une baisse de la ressource disponible et de fuites en attente de réparation. La situation se stabilise à l'Entre-Deux. Des perturbations subsistent à Saint-Joseph et dans les hauts de l'Espérance, à Sainte-Marie. Aucun incident particulier n'est signalé sur les autres secteurs vendredi matin.
Des renforts du Groupe sont arrivés pour épauler les équipes mobilisées et les personnels réquisitionnés. Les besoins s'accumulent en recherche de fuites, en maintenance et en interventions, notamment en assainissement. Plus le mouvement se prolonge, plus le retour à un fonctionnement normal du service sera long, indique l'entreprise. Le travail se poursuit avec la préfecture, l'Agence régionale de santé et les collectivités concernées pour rétablir le service, secteur par secteur.
