Plusieurs lycées de La Réunion sont appelés à se mobiliser lundi 5 octobre 2026, avec des blocages annoncés très tôt devant les établissements, selon Imaz Press Réunion. Un mouvement reconduit après une première mobilisation vendredi, marquée par des incidents.
Les revendications portent sur des emplois du temps trop chargés, des classes surchargées et des bâtiments insalubres ou inadaptés au climat tropical : manque d'isolation thermique, absence de brasseurs d'air dans certaines salles, cours bétonnées créant des îlots de chaleur et équipements vieillissants. Le lycée Georges Brassens à Saint-Denis, le lycée Roland-Garros au Tampon et le collège de la Ligne des Bambous à Saint-Pierre figurent parmi les établissements cités.
Face à ces annonces, le rectorat a demandé à l'ensemble des établissements scolaires d'annuler ou de reporter les sorties prévues lundi 5 et mardi 6 octobre 2026, indiquant que « dans le contexte actuel, les élèves doivent, pendant le temps scolaire, demeurer dans l'enceinte de leur établissement ». Le rectorat affirme par ailleurs être « dans une démarche d'écoute et de dialogue avec les élèves » et travailler « en bonne intelligence avec la Région concernant le bâti ».
À Saint-Joseph, un arrêté préfectoral interdit les rassemblements, manifestations ou cortèges aux abords du lycée professionnel agricole Angélo Lauret.
Sur le plan national, le ministre de l'Éducation a annoncé un « plan d'action » pour accélérer le remplacement des professeurs et la suppression de 1 588 postes d'enseignants à la rentrée 2027, dont 836 dans le second degré. À La Réunion, 86 postes ont été supprimés dans l'Académie à la rentrée d'août, selon Imaz Press Réunion.
Vendredi, 28 personnes dont 26 mineurs et deux majeurs ont été interpellées pour jets de projectiles, incendies de mobilier urbain et dégradations de véhicules et de bus à Saint-Denis, Saint-Pierre, Saint-Joseph, Saint-Paul, Le Tampon, Sainte-Marie et Sainte-Suzanne. Cinq policiers et un gendarme ont été blessés. À Saint-Pierre, la présence d'individus extérieurs au mouvement lycéen a donné lieu à des incidents dépassant le cadre de la mobilisation initiale.
Des formations politiques réunionnaises ont réagi : le PLR estime qu'« il faut entendre la colère des lycéens » et exprime son indignation face aux interpellations de jeunes, tandis que le PCR appelle à « la plus large concertation pour rechercher dans le dialogue une réponse consensuelle aux revendications ».
L'Union syndicale lycéenne appelle à poursuivre la mobilisation et à rejoindre le mouvement mardi, journée de grande manifestation nationale.
