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Eramet : l'État renforce sa participation sans dépasser 50 %

L'État va augmenter significativement sa participation au capital du groupe minier Eramet, maison mère de la Société Le Nickel en Nouvelle-Calédonie, pour en devenir très largement le premier actionnaire sans franchir le seuil de 50 % à l'issue de l'augmentation de capital prévue fin 2026. L'opération repose sur un accord avec la famille Duval, qui reste au capital comme deuxième actionnaire. Eramet, en perte nette de 477 millions d'euros en 2025, cherche à rétablir ses équilibres financiers.

L'accord avec la famille Duval vise à financer le groupe minier, maison mère de la SLN en Nouvelle-Calédonie, sans nationalisation.

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L’essentiel

  • L'État deviendra très largement le premier actionnaire d'Eramet sans dépasser 50 % du capital à l'issue de l'augmentation de capital prévue fin 2026.
  • L'État détenait un peu plus de 27 % du capital fin 2025.
  • L'Agence des participations de l'État participera à l'augmentation de capital à hauteur de sa quote-part et rachètera une partie des droits de souscription préférentiels de la famille Duval.
  • La famille Duval restera deuxième actionnaire, dans des proportions non encore connues.
  • Eramet a subi une perte nette de 477 millions d'euros en 2025 et une perte nette de 195 millions d'euros sur la première moitié de 2026.
  • Le groupe a réalisé 1,5 milliard d'euros de chiffre d'affaires au premier semestre 2026, en hausse de 10 %.
  • Eramet produit du manganèse, du nickel, des sables minéralisés et, depuis fin 2024, du lithium.
  • La PDG Christel Bories évoque aussi l'amélioration de la performance opérationnelle et financière et une monétisation d'actifs ciblés, avec des discussions en cours.

L'État va « augmenter significativement sa participation » au capital du groupe minier Eramet, maison mère de la Société Le Nickel (SLN) en Nouvelle-Calédonie, pour en devenir « très largement le premier actionnaire », sans toutefois franchir le seuil de 50 % du capital à l'issue de l'augmentation de capital prévue fin 2026. L'annonce a été faite lundi par l'Élysée.

L'opération s'appuie sur un accord entre les deux principaux actionnaires, l'État et la famille industrielle Duval. Via l'Agence des participations de l'État (APE), l'État participera à l'augmentation de capital à hauteur de sa quote-part et rachètera une partie des droits de souscription préférentiels de la famille Duval. Le coût de l'opération pour les finances publiques n'a pas été précisé lundi. La famille Duval restera le deuxième actionnaire, dans des proportions non encore connues.

Fin 2025, l'État détenait un peu plus de 27 % du capital d'Eramet. Le groupe a subi une lourde perte nette de 477 millions d'euros en 2025 et son endettement est élevé. Il avait annoncé en février une augmentation de capital présentée comme « essentielle pour le groupe », programmée au quatrième trimestre.

La PDG Christel Bories s'est félicitée d'une « excellente nouvelle pour Eramet ». Selon elle, l'accord permet au groupe de disposer rapidement des moyens financiers nécessaires pour rétablir ses équilibres et de réaliser dès cette année l'augmentation de capital annoncée en février. Elle a aussi évoqué le travail sur l'amélioration de la performance opérationnelle et financière, ainsi qu'une monétisation d'actifs ciblés, avec des cessions totales ou partielles de sites envisagées et des « discussions productives » en cours, sans plus de détails.

Jérôme Duval, membre de la famille actionnaire, estime dans le communiqué d'Eramet que cet accord donne à l'entreprise « les moyens de s'affirmer comme un acteur clé de la souveraineté française et européenne » et que, « dans un contexte géopolitique complexe, l'engagement de l'État constituera plus que jamais un atout pour le développement du groupe ».

Le ministère de l'Économie et des Finances souligne que « la France s'est engagée depuis plusieurs années dans une stratégie forte de sécurisation de ses approvisionnements en métaux critiques, nécessaires à la souveraineté industrielle nationale et européenne ».

Sur la première moitié de 2026, Eramet a réalisé une perte nette de 195 millions d'euros et 1,5 milliard d'euros de chiffre d'affaires en données publiées, en hausse de 10 %. En données ajustées, qui excluent la majeure partie des activités de la SLN depuis que l'État finance intégralement sa filiale en Nouvelle-Calédonie mais incluent l'activité indonésienne, les ventes s'élèvent à 1,65 milliard d'euros, en hausse de 8 %.

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