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Grippe à La Réunion : épidémies récurrentes et hospitalisations en hausse

Depuis plusieurs semaines, l'épidémie de grippe gagne du terrain à La Réunion avec une hausse des hospitalisations. Une étude de Santé publique France montre que les épidémies s'installent d'année en année avec des saisonnalités très variables et une couverture vaccinale faible.

Une étude de Santé publique France révèle des saisonnalités variables et une couverture vaccinale inférieure à 35 %

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L’essentiel

  • Entre janvier 2012 et 2022, 8 épidémies de grippe ont été observées à La Réunion, d'une durée moyenne de 13 semaines.
  • En 2016, l'épidémie a duré 24 semaines avec deux vagues et plus de 6 000 consultations pour syndrome grippal en médecine de ville.
  • La semaine dernière, le taux d'activité pour grippe aux urgences était de 3,8 %, stable par rapport à la semaine précédente.
  • Les hospitalisations pour grippe ont progressé de 26 % (32 en S39 contre 23 en S38).
  • Les moins de 15 ans et les personnes de 65 ans et plus représentaient respectivement 38 % et 41 % des hospitalisations.
  • La couverture vaccinale des personnes ciblées entre 2017 et 2024 à La Réunion était inférieure à 35 %.
  • Le virus A(H1N1) est dominant à La Réunion selon l'étude.

Depuis plusieurs semaines, l'épidémie de grippe gagne du terrain à La Réunion, avec des hospitalisations en hausse. Selon une étude de Santé publique France (SPF), le virus saisonnier présente des saisonnalités très différentes d'une année sur l'autre dans le département.

Entre janvier 2012 et 2022, 8 épidémies de grippe ont été observées dans l'île, d'une durée moyenne de 13 semaines. En 2012, l'épidémie a duré 6 semaines, contre 24 en 2016, année où deux vagues de grippe se sont produites. Entre 2017 et 2021, les épidémies étaient plus tardives, démarrant mi-août et se terminant en décembre.

En 2016, l'épidémie a enregistré le plus de consultations pour syndrome grippal en médecine de ville (plus de 6 000), tandis que celle de 2021 en a comptabilisé le moins (720). Concernant l'impact hospitalier, c'est en 2017 que la part d'activité des passages aux urgences pour grippe était la plus élevée, en semaine 39 (3,7 %).

Selon les derniers chiffres, le taux d'activité pour grippe aux urgences se situait la semaine dernière à 3,8 % de l'activité totale, stable par rapport à la semaine précédente (3,8 % en S38). Le nombre d'hospitalisations progressait de 26 % (32 en S39 contre 23 en S38). Les moins de 15 ans et les personnes de 65 ans et plus étaient les plus concernés par une hospitalisation (respectivement 38 % et 41 %).

L'étude, qui concerne l'ensemble des territoires ultramarins, indique que les virus prédominants au cours d'une saison donnée n'ont pas systématiquement été les mêmes dans les différents territoires. En 2017-2018, le virus B/Yamagata a le plus circulé en Guyane, en Guadeloupe et à La Réunion. En 2022, les virus étaient quasi exclusivement de type A(H3N2) à Mayotte, alors qu'à La Réunion il s'agissait d'une co-circulation des virus A(H1N1)pdm09 et A(H3N2).

Interrogé sur les facteurs d'efficacité du système immunitaire, le docteur Kévin Diallo, praticien hospitalier au service de maladies infectieuses du CHU Sud, explique que le mode de vie est impactant, de même que certaines prédispositions génétiques ou fragilités individuelles. L'immunité s'affaiblit avec l'âge ou en présence d'une immunodépression, précise le médecin. Le froid, la surprescription et l'automédication rendent aussi les virus et bactéries plus résistants, selon le professeur Xavier de Paris, directeur de la veille sanitaire à l'ARS.

La couverture vaccinale des personnes ciblées entre 2017 et 2024 à La Réunion était inférieure à 35 %. La vaccination est possible dès l'âge de six mois et recommandée chez les personnes à risque de complications : personnes de 65 ans et plus, atteintes de certaines maladies chroniques, femmes enceintes, personnes obèses avec un IMC ≥ 40 kg/m², et personnes séjournant dans un établissement de santé ou médico-social. Elle est également recommandée aux professionnels de santé et à l'entourage des personnes à risque.

Santé publique France préconise des stratégies pour augmenter l'adhésion à la vaccination et aux mesures barrières, ainsi qu'une meilleure adaptation des campagnes de prévention aux spécificités territoriales, afin de réduire le fardeau lié à la grippe sur la population et le système de soins.

En cas de grippe, il est recommandé de limiter les contacts avec les personnes fragiles, de porter un masque jetable, de tousser ou éternuer dans le pli du coude ou dans un mouchoir en papier, de se laver les mains à l'eau et au savon ou avec une solution hydro-alcoolique, et d'aérer les pièces. L'entourage doit éviter les contacts rapprochés avec le malade, se laver les mains après contact et nettoyer les objets couramment utilisés.

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