Le Nigeria a confirmé un premier cas de maladie à virus Ebola sur son territoire, identifié comme étant de la souche Bundibugyo, la même qui circule actuellement en République démocratique du Congo. La patiente est une diplomate arrivée à Abuja le 3 octobre à bord d'un vol en provenance d'Ouganda, selon le Centre nigérian de contrôle et de prévention des maladies (NCDC).
Les autorités sanitaires nigérianes indiquent avoir réalisé trois niveaux de tests moléculaires avant de confirmer la souche. La patiente a été admise dans un hôpital privé de la capitale, où elle a été prise en charge plusieurs jours avant la confirmation du diagnostic, a précisé le ministre de la Santé, Ali Pate. Un responsable a fait état d'une aggravation de son état jusqu'à une défaillance multiviscérale. Quarante-quatre personnes ayant été en contact avec elle ont été identifiées.
L'Organisation mondiale de la santé a indiqué que les mesures de prévention et de contrôle des infections étaient renforcées dans l'établissement où la patiente est admise. Aucun vaccin ni traitement spécifique contre la souche Bundibugyo n'existe à ce jour, même si un essai clinique est en cours.
La RDC est confrontée depuis mai à sa 17e épidémie de maladie à virus Ebola, devenue en quelques mois la plus meurtrière jamais connue dans le pays. Selon un bilan des autorités sanitaires congolaises, l'épidémie a dépassé les 9 000 cas pour 4 381 décès, et des cas ont été recensés dans plusieurs autres pays du continent. L'Ouganda avait enregistré 20 cas et deux décès avant de déclarer fin août l'épidémie éradiquée sur son sol ; le Kenya a récemment déclaré son neuvième cas. Le patron de l'agence de santé de l'Union africaine, Jean Kaseya, a mis en garde contre une « menace extrêmement grave » et appelé à la mobilisation internationale.
Le Nigeria avait déjà été confronté au virus en 2014, lors de l'épidémie qui avait fait plus de 11 000 morts en Afrique de l'Ouest entre fin 2013 et 2016. Un premier cas signalé à Lagos avait alors fait craindre une propagation rapide, avant que la flambée ne soit maîtrisée en 21 jours, avec sept morts et 19 personnes contaminées.
Dans les rues d'Abuja, des habitants ont fait part de leur inquiétude et de leur confiance dans la capacité du pays à endiguer la propagation, certains appelant à des campagnes de sensibilisation dans chaque ville et chaque État.
