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Violences urbaines : la ministre des Outre-mer appelle à la responsabilité

Après les violences urbaines survenues à La Réunion dans la nuit du 17 au 18 octobre 2026, la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou a fait un point avec les préfets d'Outre-mer et appelé à « la responsabilité de chacun », sans annoncer de moyens supplémentaires. À La Possession, le McDonald's a été totalement détruit par un incendie ; 18 personnes ont été interpellées et 11 membres des forces de l'ordre blessés selon la préfecture.

Naïma Moutchou s'est entretenue avec les préfets d'Outre-mer après les incidents à La Réunion, sans annoncer de moyens supplémentaires

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L’essentiel

  • La ministre des Outre-mer Naïma Moutchou a échangé le lundi 19 octobre 2026 avec les préfets d'Outre-mer sur la situation et les moyens mobilisés.
  • Elle a exprimé son soutien aux policiers, gendarmes et personnels de secours, plusieurs ayant été blessés, et appelé à « la responsabilité de chacun ».
  • Aucune annonce de moyens supplémentaires n'a été faite, alors que des syndicats de police dénoncent un manque d'effectifs.
  • À La Possession, le McDonald's a été totalement détruit par un incendie vers 4h du matin ; le bâtiment s'est effondré et une quarantaine de salariés y travaillaient.
  • Selon un bilan de la préfecture, 18 personnes dont des mineurs ont été interpellées et 11 membres des forces de l'ordre blessés.
  • Des heurts ont opposé manifestants et forces de l'ordre au Port pendant près de deux heures, et une grande surface a été pillée à Saint-Denis.
  • La mobilisation porte sur la vie chère et le prix des carburants, à 2 euros le litre à La Réunion, sans libération de stocks stratégiques sur l'île.
  • Selon l'Insee, les produits de grande consommation coûtent 37 % de plus qu'en Hexagone et 36,4 % de la population vit sous le seuil de pauvreté.

La ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, a fait un point le lundi 19 octobre 2026 avec les préfets d'Outre-mer sur la situation et les moyens mobilisés pour assurer la sécurité de la population, après les graves incidents survenus ces derniers jours, notamment à La Réunion, en Guadeloupe et en Martinique.

Dans sa déclaration, la ministre exprime son soutien « le plus ferme » aux policiers, gendarmes et personnels de secours engagés sur le terrain, plusieurs ayant été blessés. Elle affirme que « rien ne justifie qu'on s'attaque à ceux qui risquent leur intégrité physique pour protéger les autres ».

Elle reconnaît les difficultés du quotidien et les inquiétudes sur la vie chère, le carburant et les conditions d'études des jeunes, qu'elle qualifie de légitimes, tout en affirmant que ces préoccupations « appellent des réponses concrètes ». Elle estime toutefois qu'on « ne peut pas prétendre défendre le pouvoir d'achat et l'égalité des droits en pillant des magasins, en empêchant des salariés d'aller travailler ou en pénalisant les familles que l'on prétend défendre ». Elle en appelle à « la responsabilité de chacun », rappelant que « manifester est un droit » mais que « vivre, circuler et travailler en sécurité aussi ».

Aucune annonce de moyens supplémentaires n'a été formulée, alors que des syndicats de police dénoncent un manque d'effectifs. Pour Gilles Clain, représentant d'Unité SGP Police, « on dépasse même le manque de moyens » et « il faut un rétablissement immédiat de l'autorité de l'État sur tous les fronts ». Le syndicat UNITÉ 974 a condamné « avec la plus grande fermeté » des actes qui « n'ont rien à voir avec l'expression légitime d'une colère » et exigé que les auteurs soient identifiés et poursuivis, ainsi que des effectifs et moyens de protection adaptés.

Sur le terrain, la journée du dimanche 18 octobre 2026 a été calme après les violences de la nuit. À La Possession, les pompiers ont passé plusieurs heures à éteindre l'incendie qui a détruit le McDonald's, dont le bâtiment s'est effondré ; une quarantaine de salariés y étaient employés. Le maire de la Possession, Érick Fontaine, a dénoncé un manque de moyens, affirmant que la commune avait été « livrée à nous-mêmes » et qu'il avait alerté le préfet à deux reprises.

Selon un bilan publié par la préfecture dimanche, 18 personnes, dont des mineurs, ont été interpellées et 11 membres des forces de l'ordre ont été blessés. Au Port, des heurts avec échanges de jets de galets et de grenades lacrymogènes ont opposé manifestants et forces de l'ordre pendant près de deux heures samedi après-midi. À Saint-Denis, la grande surface Intermark de la Providence a été pillée dans la nuit, et des barrages ont été installés dans le sud de l'île, notamment à Saint-Pierre où trois personnes ont été interpellées.

Cette mobilisation intervient sur fond de vie chère et de crise des carburants, le prix à la pompe atteignant 2 euros à La Réunion, alors qu'aucun stock stratégique de pétrole ne sera libéré sur l'île, contrairement à l'Hexagone. Selon l'Insee, le coût des aliments et produits de grande consommation est 37 % plus élevé qu'en Hexagone et 36,4 % de la population vit sous le seuil de pauvreté.

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