Le 19 mars 2026 marque les 80 ans de la départementalisation de La Réunion. Dans une contribution publiée par Imaz Press Réunion, l'auteur revient sur cet anniversaire et propose une lecture en trois étapes de l'histoire réunionnaise.
Selon cette contribution, 1946 constitue un tournant : sous l'impulsion de figures historiques telles que Léon de Lépervanche et Raymond Vergès, l'île entrait dans une nouvelle phase de son histoire, fondée sur l'égalité des droits et l'intégration à la République. L'auteur estime que le bilan social de cette transformation est indiscutable : accès généralisé à l'éducation, à la santé, à la protection sociale et à des conditions de vie plus dignes, réduction des inégalités héritées de l'histoire coloniale et ascension sociale réelle pour une grande partie de la population.
Mais l'auteur nuance ce bilan. Si l'égalité des droits est acquise, l'égalité des conditions économiques reste, selon lui, inachevée. Il décrit une économie réunionnaise caractérisée par une forte dépendance extérieure, une production locale insuffisante face aux besoins du territoire et des importations qui dominent la consommation. Il évoque un déséquilibre structurel pesant sur le pouvoir d'achat, freinant les entreprises locales et limitant la création d'emplois durables, ainsi qu'un chômage préoccupant chez les jeunes et un coût de la vie supérieur à celui de l'Hexagone.
L'auteur propose de lire l'histoire de La Réunion en trois étapes : 1848, abolition de l'esclavage, conquête de la liberté ; 1946, départementalisation, conquête de l'égalité ; 2026, une nouvelle étape à construire, l'émancipation économique. Il précise que cette troisième étape ne consiste pas à remettre en cause les acquis mais à les prolonger, en passant d'une logique de redistribution à une logique de création de richesse. Il cite notamment la valorisation des ressources locales, le soutien aux filières productives, l'innovation et la transition écologique, ainsi que l'autonomie alimentaire et énergétique.
La contribution prend Saint-André comme exemple concret. La commune, avec plus de 57 000 habitants et une croissance démographique continue, fait face selon l'auteur à des enjeux de logement, d'aménagement et de développement économique, avec un taux de pauvreté élevé, une jeunesse en difficulté et des inégalités territoriales marquées. Il pointe un déficit de vision stratégique et de coordination territoriale, des outils d'aménagement peinant à jouer leur rôle de levier, une intercommunalité ayant souffert de tensions et une situation financière fragile marquée par une dépendance aux ressources externes. Il propose de faire de Saint-André un « laboratoire territorial » pour expérimenter de nouvelles politiques publiques.
L'auteur revendique enfin un socle électoral solide à Saint-André et un ancrage dans la population, présentant sa démarche comme une contribution crédible au débat public, dans une logique de dépassement des clivages traditionnels. Il invite à une réflexion collective : faire de l'héritage de la départementalisation non pas un aboutissement, mais le socle d'une nouvelle ambition.
Il s'agit d'une contribution d'opinion, dont les analyses économiques et sociales sont attribuées à son auteur et ne constituent pas des données officielles.
