Des scènes de pillage se sont déroulées samedi après-midi dans plusieurs grandes villes de France, en marge des manifestations autorisées contre la vie chère. À Paris, les tensions se sont concentrées autour de la place de la République, où des jeunes ont attaqué plusieurs commerces, brisant des vitrines avant de vider les lieux de leurs marchandises, sans sembler se soucier de la présence de caméras.
Un Monoprix, un McDonald's, puis un magasin SFR ont été visés, des téléphones étant jetés depuis l'intérieur vers des personnes massées à l'extérieur. Un magasin Yves Rocher a également été saccagé et une concession Kawasaki incendiée. La CRS 8, unité spécialisée dans la lutte contre les violences urbaines, a été déclenchée pour renforcer les forces de l'ordre dans la capitale et est intervenue vers 17h00 dans le quartier des Halles, alors que d'autres pillages étaient signalés du côté de la Madeleine, loin de la place de Clichy où la manifestation venait de se disperser.
Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a condamné fermement les dégradations et actes de casse, rappelant que la grande majorité des manifestants souhaitait défiler dans le calme. Le ministère de l'Intérieur a fait état d'une importante mobilisation dans les cortèges à Lyon, Nantes et Rennes, tout en déplorant en marge de ces derniers des groupes violents de plusieurs centaines d'individus constitués autour de l'ultra-gauche, dénonçant notamment des pillages ou tentatives de pillage de commerces.
D'autres attaques de magasins ont été signalées dans plusieurs grandes villes, visant généralement des produits populaires chez les jeunes : un H&M, un Decathlon et un Micromania à Lyon, un autre Decathlon à Nice, les magasins Apple de Bordeaux et de Lille, une boutique Swarovski à Rouen et un Monoprix à Montpellier. Les enseignes n'avaient pas encore réagi en début de soirée.
À Lyon, une fleuriste a raconté avoir eu très peur lorsque des individus sont entrés de tous côtés, alors que sa vitrine, déjà cassée lors des manifestations des gilets jaunes, venait d'exploser sous les coups de pavés. Elle s'est dite écœurée et a condamné la violence.
Le maire socialiste de Montpellier, Mickaël Delafosse, a estimé que la colère sociale était immense dans le pays et devait être entendue, appelant au retrait du projet de budget. Il a dans le même temps condamné avec la plus grande fermeté les dégradations et pillages, jugeant qu'ils devaient être sanctionnés et qu'ils salissaient la dignité de ceux qui se mobilisent.
