Aller au contenu
ENDIREKLA RÉUNIONL’actualité en lecture libre Rechercher
France-MondeTirana, Albanie

Albanie : troisième jour d'affrontements à Tirana, Rama dénonce un « chaos »

Pour la troisième journée consécutive, des affrontements ont opposé manifestants et policiers à Tirana et dans plusieurs villes d'Albanie. Le Premier ministre Edi Rama a condamné un « chaos » imputé à l'opposition, tandis que des milliers de personnes réclament sa démission et davantage de soutien aux étudiants.

Manifestants et policiers s'opposent dans plusieurs villes, l'opposition réclame la démission du Premier ministre

Illustration de l’article : Albanie : troisième jour d'affrontements à Tirana, Rama dénonce un « chaos »
Image d’illustration générée par IA ou utilisée comme référence. Elle accompagne l’article et peut différer de la réalité des lieux, des personnes ou des événements présentés.

L’essentiel

  • Affrontements entre manifestants et policiers pour la troisième journée consécutive à Tirana et dans d'autres villes albanaises
  • La police a utilisé gaz lacrymogènes et canons à eau pour disperser les manifestants
  • Des violences ont été signalées à Shkodra, dans des villes côtières du sud et à Korce
  • Selon la police, 65 personnes ont été arrêtées mercredi
  • Selon le ministère de la Santé, 89 personnes dont 61 policiers ont reçu des soins médicaux mercredi
  • Le chef de la police a déclaré que 71 policiers ont été blessés, certains grièvement
  • Edi Rama a imputé la violence à des responsables de l'opposition dans une vidéo publiée sur Facebook
  • La délégation de l'UE à Tirana a appelé à la désescalade et condamné la destruction de biens

De violents affrontements ont opposé manifestants et policiers pour la troisième journée consécutive jeudi à Tirana et dans plusieurs autres villes d'Albanie. La police a utilisé des gaz lacrymogènes et des canons à eau pour disperser les manifestants qui défilaient sur de grands axes autour de la capitale.

Les affrontements ont duré plusieurs heures dans plusieurs quartiers de Tirana, les manifestants prenant pour cible des bâtiments gouvernementaux, des banques et certains magasins. Ils jetaient des pierres, barraient des routes et mettaient le feu aux poubelles. En province, des violences ont été signalées notamment à Shkodra, où des manifestants ont brisé les vitres de l'hôtel de ville et lancé des pierres sur les sièges du parti au pouvoir. Des affrontements ont également été signalés dans des villes côtières du sud et à Korce, où des étudiants auraient brisé les vitres de leur école et bloqué des rues.

Des milliers de manifestants réclament la démission du Premier ministre Edi Rama et davantage de soutien pour les étudiants, dénonçant de mauvaises conditions universitaires et des frais de scolarité élevés. « Nous voulons une Albanie meilleure, où le système de santé assure les soins de base que chaque citoyen mérite, où l'éducation offre des conditions décentes et des chances égales, et où les étudiants peuvent se permettre d'étudier et de vivre sans être submergés par la hausse du coût de la vie », a déclaré Teftalia Papa, étudiante en journalisme.

Mardi et mercredi, de violents affrontements ont eu lieu pendant plusieurs heures entre la police et les manifestants à Tirana, lorsque ces derniers ont forcé l'entrée de plusieurs bâtiments officiels et en ont incendié au moins un. Selon la police, 65 personnes ont été arrêtées pour « attaques de policiers, d'institutions, de biens publics et privés » lors des protestations de mercredi. Selon le ministère de la Santé, 89 personnes, dont 61 policiers, ont reçu des soins médicaux dans deux hôpitaux de Tirana mercredi. Le chef de la police, Skender Hita, a déclaré que 71 policiers ont été blessés lors des troubles, dont certains grièvement, et a exhorté les manifestants à « prendre immédiatement leurs distances avec les individus masqués et violents ».

Le Premier ministre devait rencontrer le groupe parlementaire de son parti jeudi matin, alors que des collectifs de manifestants diffusaient un « ultimatum » exigeant sa démission avant 13H00 (11H00 GMT). Avant même l'expiration de ce délai, les manifestants avaient commencé à se heurter à la police, érigeant des barricades de fortune et incendiant des poubelles.

Edi Rama a publié une vidéo sur sa page Facebook le montrant en train de visiter les restes calcinés d'un bureau sur un campus de Tirana. « Aujourd'hui, ce sont les ruines laissées par des mains qui ne sont pas, et ne pourront jamais être, des mains d'étudiants », y a affirmé le Premier ministre, imputant la violence à des responsables de l'opposition. Il s'agit de ses premiers commentaires publics depuis le début des manifestations. « Chacun est responsable devant la loi, et tous ceux qui ont contribué à ce chaos en paieront certainement le prix », a-t-il ajouté.

La délégation de l'Union européenne à Tirana a réitéré ses appels à la désescalade, condamnant fermement « l'escalade de la violence lors de la protestation et la destruction de biens publics et privés ». « Nous appelons les manifestants à faire preuve de retenue et à s'abstenir de tout acte de violence. La violence n'a pas sa place dans les démocraties », a-t-elle déclaré dans un communiqué. Mercredi, l'UE avait également demandé une enquête rapide sur les accusations de recours excessif à la force par la police.

Depuis plus de quatre mois, les manifestations antigouvernementales en Albanie rassemblent régulièrement des milliers de personnes. Déclenchées par un projet d'hôtel de luxe lié à la fille de Donald Trump, Ivanka, et à son gendre, Jared Kushner, elles sont devenues le symbole de la corruption présumée et des inégalités dans le pays.

Toute la rubrique France-Monde