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Couvre-feux reconduits mardi soir, le calme revenu après les violences

Après une nuit jugée calme par la police et la gendarmerie, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé que de nouveaux couvre-feux seraient décidés mardi soir là où la situation l'exige. Le gouvernement prévoit des réunions d'urgence, dont une avec les plateformes sociales et un conseil des entreprises, tandis que des milliers de commerces ont été dégradés ou pillés.

Le Premier ministre annonce de nouvelles restrictions ciblées, alors que le gouvernement promet un soutien aux commerces touchés et reste sous pression.

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L’essentiel

  • Les couvre-feux ciblés ont débuté lundi entre 20 heures et 22 heures dans certaines portions de Paris, Lyon, Bordeaux, Lille et Nice.
  • À Bordeaux, Lille et Nice, les restrictions ne concernaient que les mineurs.
  • La police et la gendarmerie ont confirmé que la nuit s'était bien passée sur l'ensemble du territoire.
  • Le Premier ministre a annoncé que de nouveaux couvre-feux seraient décidés mardi soir par les préfets en coordination avec les maires.
  • Le gouvernement prévoit mardi des réunions d'urgence, dont une avec les principales plateformes de réseaux sociaux et un conseil des entreprises exceptionnel à Bercy.
  • Au moins 3 000 commerces ont été touchés par des dégradations ou des pillages, selon le gouvernement, qui annonce des mesures de chômage partiel et un fonds de soutien spécifique.
  • 2 513 gardes à vue et 67 personnes incarcérées ont été recensées.
  • À Mulhouse, une jeune femme de 17 ans a perdu un œil ; à Saint-Étienne, un jeune homme du même âge a eu la main arrachée par une grenade, et une plainte a été annoncée.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a estimé mardi que les couvre-feux décidés la veille dans plusieurs villes après les scènes de violence du week-end avaient contribué au calme et seraient reconduits là où la situation le nécessite pour une deuxième nuit.

Les couvre-feux ciblés ont débuté lundi entre 20 heures et 22 heures dans certaines portions de Paris, Lyon, Bordeaux, Lille et Nice. Dans ces trois dernières villes, ils ne s'appliquaient qu'aux mineurs. La police et la gendarmerie ont confirmé que la nuit s'était bien passée sur l'ensemble du territoire.

Le Premier ministre a affirmé que de nouveaux couvre-feux seraient décidés mardi soir par les préfets en coordination avec les maires. Certaines interdictions ne valaient que pour la nuit de lundi à mardi, comme à Paris, tandis que d'autres, notamment à Bordeaux et Nice, devaient durer plusieurs jours. Un hélicoptère a survolé une partie du centre de Paris pendant la nuit.

Sous forte pression après les violences et pillages en marge des manifestations de samedi contre la vie chère, le gouvernement prévoit une nouvelle série de réunions d'urgence mardi, à commencer par une rencontre avec les représentants des principales plateformes de réseaux sociaux, à qui certains reprochent d'avoir attisé les débordements. Bercy accueillera un conseil des entreprises exceptionnel en présence des ministres Roland Lescure, Jean-Pierre Farandou, Serge Papin et David Amiel. Roland Lescure a promis des mesures de soutien aux commerçants et artisans directement impactés.

À six mois de la présidentielle, le gouvernement, critiqué sur sa gestion des manifestations, tente de reprendre le contrôle. La cheffe des écologistes Marine Tondelier a émis des réserves face à ces mesures d'exception, appelant à faire la lumière sur les défaillances du dispositif de maintien de l'ordre. Le maire de Paris Emmanuel Grégoire a estimé que le couvre-feu doit rester exceptionnel. La droite accuse l'exécutif de manquer de fermeté face aux violences, alors que de nouvelles manifestations sont attendues samedi et dans les prochaines semaines.

Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez s'est rendu dans la soirée à Marseille pour s'entretenir avec le maire Benoît Payan, à qui il a promis davantage de forces de l'ordre samedi prochain. Le Premier ministre se rendra vendredi à Limoges, où la mairie a été incendiée par des manifestants samedi. Gérald Darmanin a annoncé 2 513 gardes à vue et 67 personnes incarcérées, et affirmé que le parquet national antiterroriste saurait dans les prochaines heures s'il se saisit de l'incendie de l'hôtel de ville de Limoges. Le ministre de la Ville Vincent Jeanbrun a annoncé une circulaire pour retirer aux délinquants l'équivalent des sommes issues de leurs trafics ou recels de leurs prestations sociales.

Le gouvernement est aussi attendu sur son aide aux boutiques et restaurants endommagés. Au moins 3 000 commerces ont été touchés par des dégradations ou des pillages, selon Serge Papin, poussant l'exécutif à mettre en place des mesures de chômage partiel dès mardi ainsi qu'un fonds de soutien spécifique.

Certains manifestants ont été grièvement blessés. À Mulhouse, une jeune femme de 17 ans a perdu un œil. À Saint-Étienne, un jeune homme du même âge a eu la main arrachée par une grenade ; son avocat a annoncé le dépôt d'une plainte contre l'auteur du tir et contre le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez. Ce dernier a proposé sa démission dimanche et fait son mea-culpa le lendemain en reconnaissant une perte de contrôle dans certaines villes, démission qu'Emmanuel Macron a refusée.

Les critiques ne se limitent pas aux oppositions : pour l'ancien Premier ministre Gabriel Attal, la réponse du gouvernement n'est pas à la hauteur de la situation. Le Premier ministre a été chargé par Emmanuel Macron de réunir partis, syndicats, collectivités et parlementaires ; Jordan Bardella a prévenu que ni lui ni Marine Le Pen ne comptent se rendre en personne à ce rendez-vous.

La crise n'est pas passée inaperçue à l'étranger : le président américain Donald Trump a écrit que la France brûle, tandis que Pékin a appelé ses ressortissants en France à renforcer leur vigilance. L'Union européenne a dénoncé les pillages et incendies tout en appelant la France à protéger le droit à manifester pacifiquement.

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