Aller au contenu
ENDIREKLA RÉUNIONL’actualité en lecture libre Rechercher
ÉconomieLa Réunion

Aides agricoles en retard : la CGPER hausse le ton à La Réunion

La CGPER interpelle l'État, les organismes payeurs et les collectivités sur les retards de versement des aides agricoles à La Réunion, alors que le prix du GNR a bondi de près de 69 % en deux ans. Le syndicat réclame un état précis des sommes en attente, des exploitations concernées et des calendriers de paiement, et prévient qu'il prendra ses responsabilités si aucune réponse concrète n'arrive.

Le syndicat réclame un état précis des sommes dues et dénonce une hausse de 69 % du GNR en deux ans

Illustration de l’article : Aides agricoles en retard : la CGPER hausse le ton à La Réunion
Image d’illustration générée par IA ou utilisée comme référence. Elle accompagne l’article et peut différer de la réalité des lieux, des personnes ou des événements présentés.

L’essentiel

  • Le versement de l'acompte de l'aide à la production de canne, à 720 euros par hectare, ne pourra pas intervenir à la date prévue, selon la CGPER.
  • Le prix du GNR est passé de 0,75 euro le litre en octobre 2024 à une hausse de près de 69 % deux ans plus tard, toujours selon le syndicat.
  • La CGPER demande un état précis des sommes en attente, du nombre d'exploitations concernées, des montants et des dates effectives de paiement.
  • Le syndicat refuse de s'engager dans une polémique entre organisations agricoles au sujet du CPCS.
  • La CGPER indique que des agriculteurs évoquent une mobilisation, sans annoncer elle-même de mouvement pour l'instant.

La CGPER monte au créneau sur la situation financière des exploitations agricoles réunionnaises. Dans un texte signé par son président Jean-Michel Moutama, le syndicat dénonce deux difficultés qui se cumulent : la hausse du coût de production, portée par le carburant agricole, et les retards dans le versement des aides publiques.

Selon la CGPER, le versement attendu de l'acompte de l'aide à la production de canne, à hauteur de 720 euros par hectare, ne pourra pas intervenir à la date prévue. Le syndicat souligne que, pour des exploitations à la trésorerie déjà tendue, quelques jours de décalage supplémentaires pèsent, alors que fournisseurs, banques, cotisations et factures restent exigibles sans délai.

Sur le carburant, la CGPER affirme que le GNR est passé de 0,75 euro le litre en octobre 2024 à un niveau en hausse de près de 69 % deux ans plus tard. Ce carburant fait fonctionner tracteurs, coupeuses de canne et une grande partie du matériel agricole, rappelle le syndicat, qui interroge la capacité des entreprises à absorber une telle augmentation d'un poste indispensable.

La CGPER formule plusieurs demandes précises : connaître le montant total des sommes destinées aux agriculteurs réunionnais encore en attente de paiement, le nombre d'exploitations concernées, les montants par exploitation et le calendrier effectif des versements. Elle demande que l'État, les organismes payeurs, les collectivités et les détenteurs de leviers de décision mettent rapidement ces éléments sur la table, et que la question du coût du carburant agricole soit traitée.

Le syndicat prend soin de se démarquer des tensions entre organisations agricoles. Il indique ne pas participer à la polémique visant la nouvelle équipe représentant les planteurs au CPCS, estimant que chercher un responsable parmi les représentants ne mettra pas un euro supplémentaire sur le compte d'un planteur.

La CGPER évoque une colère qui monte sur le terrain, avec des agriculteurs qui l'appellent et évoquent une descente dans la rue. Le syndicat dit comprendre cette colère mais refuse de manifester sans objectifs clairs, préférant obtenir des réponses et des résultats. Il affirme privilégier le dialogue, tout en prévenant que celui-ci ne peut se réduire à une succession de réunions et de nouveaux délais pendant que les trésoreries se vident. Si les réponses ne viennent pas, la CGPER indique qu'elle prendra ses responsabilités et que chacun devra assumer les siennes.

Toute la rubrique Économie