La CGPER monte au créneau sur la situation financière des exploitations agricoles réunionnaises. Dans un texte signé par son président Jean-Michel Moutama, le syndicat dénonce deux difficultés qui se cumulent : la hausse du coût de production, portée par le carburant agricole, et les retards dans le versement des aides publiques.
Selon la CGPER, le versement attendu de l'acompte de l'aide à la production de canne, à hauteur de 720 euros par hectare, ne pourra pas intervenir à la date prévue. Le syndicat souligne que, pour des exploitations à la trésorerie déjà tendue, quelques jours de décalage supplémentaires pèsent, alors que fournisseurs, banques, cotisations et factures restent exigibles sans délai.
Sur le carburant, la CGPER affirme que le GNR est passé de 0,75 euro le litre en octobre 2024 à un niveau en hausse de près de 69 % deux ans plus tard. Ce carburant fait fonctionner tracteurs, coupeuses de canne et une grande partie du matériel agricole, rappelle le syndicat, qui interroge la capacité des entreprises à absorber une telle augmentation d'un poste indispensable.
La CGPER formule plusieurs demandes précises : connaître le montant total des sommes destinées aux agriculteurs réunionnais encore en attente de paiement, le nombre d'exploitations concernées, les montants par exploitation et le calendrier effectif des versements. Elle demande que l'État, les organismes payeurs, les collectivités et les détenteurs de leviers de décision mettent rapidement ces éléments sur la table, et que la question du coût du carburant agricole soit traitée.
Le syndicat prend soin de se démarquer des tensions entre organisations agricoles. Il indique ne pas participer à la polémique visant la nouvelle équipe représentant les planteurs au CPCS, estimant que chercher un responsable parmi les représentants ne mettra pas un euro supplémentaire sur le compte d'un planteur.
La CGPER évoque une colère qui monte sur le terrain, avec des agriculteurs qui l'appellent et évoquent une descente dans la rue. Le syndicat dit comprendre cette colère mais refuse de manifester sans objectifs clairs, préférant obtenir des réponses et des résultats. Il affirme privilégier le dialogue, tout en prévenant que celui-ci ne peut se réduire à une succession de réunions et de nouveaux délais pendant que les trésoreries se vident. Si les réponses ne viennent pas, la CGPER indique qu'elle prendra ses responsabilités et que chacun devra assumer les siennes.
