Le mouvement de blocage des lycées, rejoint par des étudiants, s'est enflammé jeudi dans de nombreuses villes de France. Les lycéens réclament davantage de moyens humains et financiers pour l'Éducation nationale, dénonçant la pression de Parcoursup, les professeurs non remplacés, des bâtiments délabrés ou des emplois du temps trop chargés.
Selon les autorités, 900 actions ont été dénombrées devant des lycées, tous les départements étant désormais concernés, et les forces de l'ordre ont procédé à près de 2 000 interpellations. Plus de 300 policiers et gendarmes ont été blessés. Le ministre Laurent Nuñez a condamné «une violence débridée».
Des scènes de violence ont été constatées dans plusieurs villes : poubelles renversées, feux allumés devant ou dans des établissements, projectiles lancés, abribus brisés, mortiers d'artifice et gaz lacrymogènes tirés. Plusieurs proviseurs ont été agressés ou molestés, notamment en Normandie, à Clermont-Ferrand et dans le Pas-de-Calais. À Nantes, la façade d'un lycée a été incendiée. À Marseille, des membres de la direction du lycée Victor Hugo ont été agressés et des pompiers pris à partie ; un journaliste de M6 a été agressé et sa caméra cassée. À Perpignan, une jeune fille a été blessée par un projectile. À Paris, une policière municipale a été agressée et a déposé plainte.
Le ministre de l'Éducation nationale, Edouard Geffray, a fait état de 235 blessés côté Éducation nationale : 65 personnels et 160 élèves. Le garde des Sceaux Gérald Darmanin a demandé aux 36 procureurs généraux «une grande fermeté dans la réponse pénale».
Tous les préfets ont pris jeudi soir des arrêtés d'interdiction de manifester vendredi aux abords des lycées fermés ce jour-là. À Paris, le préfet de police Patrice Faure a interdit les rassemblements aux abords de 13 lycées parisiens fermés vendredi.
Les services du Premier ministre ont estimé que le mouvement avait basculé vers des «violences urbaines» et affirmé qu'il s'agissait d'une «manoeuvre organisée par LFI et ses proxys de l'ultra-gauche». Manuel Bompard, coordinateur de LFI, a appelé le gouvernement «à ne pas sombrer dans le complotisme». Sébastien Lecornu avait dénoncé dès lundi une «surenchère irresponsable» d'élus LFI. Jean-Luc Mélenchon avait répliqué en l'accusant d'avoir «ordonné la répression» du mouvement.
Trois enquêtes ont été ouvertes par l'IGPN, la police des polices, après que des lycéens ont été blessés lors de blocages d'établissements.
Dans l'enseignement supérieur, une «quarantaine de sites» ont connu «quelques blocages, quelques dégradations» jeudi, selon le ministre Philippe Baptiste. Des collégiens ont aussi rejoint le mouvement.
Le ministre de l'Éducation recevra vendredi syndicats de l'éducation, associations lycéennes et de parents d'élèves, ainsi que les élus du Conseil national de la vie lycéenne.
Pendant la mobilisation, le gouvernement a présenté son projet de budget 2027, prévoyant notamment des frais d'inscription pour les étudiants en BTS et classes préparatoires non boursiers. Face aux protestations de la gauche et de syndicats, le ministre de l'Éducation a annoncé en soirée le retrait de cette mesure.
Une nouvelle journée de mobilisation est prévue le 6 octobre, avec une très forte mobilisation attendue par les autorités.
