Les Brésiliens se rendent aux urnes dimanche pour le premier tour de l'élection présidentielle, un scrutin qui oppose le président sortant de gauche Luiz Inacio Lula da Silva au sénateur conservateur Flavio Bolsonaro, fils de l'ancien président d'extrême droite Jair Bolsonaro.
Selon un sondage de l'institut Datafolha publié samedi soir, Lula obtiendrait 45% des intentions de vote, contre 42% pour Flavio Bolsonaro, une quasi-égalité compte tenu de la marge d'erreur. Aucun des deux favoris n'atteindrait donc les 50% nécessaires pour être élu dès le premier tour, ce qui conduirait à un second tour le 25 octobre.
La campagne a été marquée davantage par les scandales et les attaques personnelles que par les débats de fond. Lula a qualifié son adversaire de "pas même apte à être gérant d'immeuble", tandis que Flavio Bolsonaro a répliqué : "Le Brésil ne te supporte plus". Les deux camps s'accusent mutuellement de malversations : Flavio Bolsonaro est visé par une enquête pour corruption et blanchiment d'argent liée au financement d'un film sur Jair Bolsonaro, tandis que Lula a passé plus de 18 mois en prison pour corruption en 2018-2019, avant l'annulation de sa condamnation pour des motifs de procédure.
L'ombre de Donald Trump a plané sur la campagne. Le président américain a imposé des droits de douane et des sanctions au Brésil depuis le procès de 2025 contre son allié Jair Bolsonaro. Lula a appelé Washington à ne pas "se mêler" des élections. Dans les meetings de la droite, des drapeaux américains et des références à Trump étaient omniprésents. Flavio Bolsonaro, partisan d'un partenariat étroit avec Washington, promet la manière forte contre la criminalité et une politique de rigueur budgétaire.
Les électeurs expriment des préoccupations variées. Joelio Camargo, 52 ans, coursier à Brasilia, confie à l'AFP : "J'ai déjà voté Lula, mais il vieillit et cette fois je voulais quelque chose de différent. Mais je ne vais pas voter pour un Bolsonaro (...) alors je suis un peu perdu". Carlos Roberto dos Santos, 62 ans, éleveur à Barretos, critique les dépenses publiques : "Ils ont tellement de programmes sociaux. Pour rembourser la dette, ils doivent augmenter les taux d'intérêt et créer de nouveaux impôts".
Lula, revenu au pouvoir en 2023, met en avant ses programmes sociaux et la réduction de la déforestation en Amazonie. Le chef indigène Bepdjo Mekragnotire, 45 ans, du village amazonien de Bau, déclare voter Lula : "Si Flavio gagne, il y aura plus d'ennemis, plus de mines illégales, plus de déforestation".
Le scrutin est suivi de près par Donald Trump, selon l'AFP, dans un contexte de victoires récentes de la droite en Amérique latine.
