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Merz à Kiev, un pont de la capitale ukrainienne visé par des drones

Le chancelier allemand Friedrich Merz s'est rendu dimanche à Kiev pour réaffirmer le soutien de Berlin à l'Ukraine, alors que la capitale fait face à une recrudescence des attaques russes. Un pont de Kiev a de nouveau été visé par des drones à réaction, selon le maire Vitaly Klitschko. Merz doit annoncer une aide militaire d'environ un milliard d'euros et 350 millions d'euros pour les infrastructures ukrainiennes avant l'hiver.

Le chancelier allemand annonce une aide militaire d'environ un milliard d'euros, dont une part contre les drones à réaction russes.

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L’essentiel

  • Friedrich Merz est arrivé dimanche matin à Kiev, accueilli par le ministre ukrainien des Affaires étrangères Andriï Sybiga.
  • Le maire de Kiev Vitaly Klitschko a annoncé un impact sur la chaussée du pont du Nord, les services d'urgence étant dépêchés sur place.
  • Deux des huit ponts de Kiev franchissant le Dniepr ont été visés ces derniers jours par des drones à réaction russes, provoquant d'importants embouteillages.
  • Selon des sources gouvernementales à Berlin, Merz doit annoncer une aide militaire d'environ un milliard d'euros, notamment pour la défense contre les drones à réaction, et 350 millions d'euros pour les infrastructures avant l'hiver.
  • La Russie a appelé la veille les diplomates et étrangers présents à Kiev à quitter la ville, avant de nouvelles "frappes de représailles massives" contre des cibles militaires.
  • Merz est accompagné de la ministre de l'Économie Katherina Reiche.

Le chancelier allemand Friedrich Merz s'est rendu dimanche à Kiev pour une démonstration de soutien à l'Ukraine, au moment où la capitale fait face à une recrudescence des attaques russes qui ont de nouveau visé un pont.

Deux des huit ponts que compte Kiev et qui permettent de traverser le fleuve Dniepr ont été visés ces derniers jours par des drones à réaction russes, difficiles à intercepter, provoquant de gigantesques embouteillages dans une grande partie de la ville.

"Impact avec la chaussée sur le pont du Nord. Les services d'urgence se rendent sur place", a annoncé dans la matinée le maire Vitaly Klitschko sur Telegram. Peu auparavant, les autorités ukrainiennes avaient émis une alerte aux drones se dirigeant vers la capitale.

M. Merz est de son côté arrivé dans la matinée à Kiev, disant dans un communiqué être venu car "l'Ukraine a besoin de tout notre soutien dans les semaines à venir". "Si la Russie n'est pas stoppée, sa machine de guerre se retournera tôt ou tard contre nous", a-t-il affirmé.

Le chancelier, dont le pays est l'un des plus grands soutiens de l'Ukraine dans sa guerre contre la Russie, est accompagné par la ministre de l'Economie Katherina Reiche, selon des sources gouvernementales à Berlin.

Selon ces sources, il doit annoncer une nouvelle aide militaire d'environ un milliard d'euros pour l'Ukraine, notamment destinée à la défense contre les drones à réaction russes, de plus en plus utilisés.

Il doit aussi promettre 350 millions d'euros d'aide destinés aux infrastructures ukrainiennes avant l'hiver, période critique lors de laquelle l'Ukraine craint des frappes russes massives sur ses centrales, comme en 2025 lorsque des millions de personnes s'étaient par moments retrouvées sans courant et sans chauffage par des températures glaciales.

"Aujourd'hui, je dirai au président (Volodymyr) Zelensky : +Vous pouvez continuer à compter sur notre aide+", a indiqué M. Merz dans le communiqué, qui met également en avant la coopération entre les entreprises allemandes et ukrainiennes.

Le chancelier allemand a été accueilli à sa descente du train par le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriï Sybiga. Ce dernier a annoncé un entretien avec le président Zelensky sur "toutes les questions bilatérales, européennes et internationales à notre ordre du jour".

"L'Ukraine et l'Allemagne ont bâti un solide partenariat stratégique et nous sommes déterminés à l'approfondir encore", a-t-il écrit sur X.

Impopulaire dans son pays, M. Merz arrive en Ukraine après de cinglantes défaites électorales régionales face au parti d'extrême droite AfD, qui prône un arrêt de l'aide à Kiev et une normalisation des relations avec Moscou. Ce parti arrive en tête des intentions de vote au niveau national.

Sa visite arrive aussi au lendemain d'un appel de la Russie suggérant aux diplomates et étrangers se trouvant à Kiev de quitter la ville, avant de nouvelles "frappes de représailles massives" contre "des cibles militaires à Kiev et dans d'autres villes ukrainiennes".

La capitale ukrainienne a été particulièrement prise pour cible ces dernières semaines par des vagues quasi-quotidiennes de drones, au moment où l'Ukraine fait face à un manque de moyens antiaériens et à un gigantesque déficit budgétaire que les Européens peinent à combler.

M. Klitschko avait qualifié vendredi la situation dans la capitale d'"extrêmement dramatique" et estimé que Moscou était en train de "saccager" la ville en s'en prenant systématiquement à ses infrastructures et sa logistique.

L'Ukraine et la Russie ont nettement fait monter en puissance leurs frappes à longue portée ces derniers mois, visant un nombre croissant de sites civils et faisant toujours plus de victimes.

La Russie a dévasté par ses frappes le secteur de la métallurgie de l'Ukraine et mis à l'arrêt une grande partie de ses exportations agricoles par la mer Noire, portant un coup à l'économie.

L'Ukraine vise de son côté des raffineries et dépôts de pétrole en Russie, ce qui avait provoqué une crise du carburant cet été, ou encore des entrepôts des géants du e-commerce Wildberries et Ozon.

Les attaques contre les raffineries russes ont attiré les critiques répétées du président américain Donald Trump, qui estime que celles-ci aggravent la pénurie de diesel mondiale.

M. Zelensky a cependant indiqué à plusieurs reprises que l'Ukraine poursuivrait ces frappes. A la tribune de l'ONU, fin septembre, il a promis de rendre l'hiver "pénible également pour la Russie".

Son homologue russe Vladimir Poutine a lui rejeté cette semaine toute idée de trêve dans les frappes à longue portée, plus de quatre ans et demi après le début de l'invasion.

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