La Fédération Santé et Action Sociale CGTR a adressé, le 2 octobre, un courrier d'interpellation solennelle à la ministre de la Santé, transmis en copie aux parlementaires réunionnais, à l'ARS et aux directions de l'ensemble des établissements de l'île. Le syndicat y revendique une enveloppe spécifique de 150 millions d'euros par an pour La Réunion.
Dans un communiqué, la CGTR indique tirer « la sonnette d'alarme sur l'effondrement simultané des trois piliers de notre système de santé (hôpital public, privé non lucratif, privé lucratif) ». Le syndicat cite plusieurs points d'alerte transmis au ministère : une exposition aux risques psychosociaux qu'il juge supérieure à celle du BTP, une « smicardisation » des soignants du secteur privé avec des professionnels qualifiés à « à peine 1 600 euros net par mois », et une saturation structurelle des soins marquée par des fermetures de lits, des urgences « asphyxiées », des délais de consultation dépassant six mois et des surcoûts insulaires non compensés.
Parmi ses demandes, la CGTR réclame une enveloppe de 150 millions d'euros par an pour financer un rattrapage salarial, des embauches pérennes et la compensation des surcoûts insulaires. Elle demande également un moratoire immédiat sur les fermetures de lits, la création de 100 lits de médecine et de soins de suite et de réadaptation, de 100 places en maison d'accueil spécialisée pour le handicap et de 200 places en EHPAD d'ici 2027, ainsi que l'ouverture immédiate de négociations tripartites entre l'État, le patronat et les syndicats.
Ces éléments proviennent du communiqué du syndicat, relayé par Témoignages. Aucune réponse de la ministre de la Santé, de l'ARS ou des établissements n'est disponible à ce stade.
