La France mesure dimanche l'ampleur des dégâts causés par les violences, pillages et scènes de chaos qui ont éclipsé la mobilisation contre la vie chère, à six mois de l'élection présidentielle.
Dans les rues de Paris comme dans celles des principales villes du pays, des centaines d'institutions et de commerces ont été pris pour cible, laissant des rues jonchées de débris et de carcasses de deux-roues brûlés en centre-ville. À Marseille, Lille, Angers et Bordeaux, des manifestants ont fait irruption dans des mairies ou des préfectures pour les vandaliser. À Lyon, une antenne de l'office de tourisme a été incendiée. À Limoges, l'hôtel de ville, datant du 19e siècle, a été « en grande partie perdu » dans les flammes.
Dans la capitale, « des rues entières ont été méthodiquement ravagées », a déclaré le maire Emmanuel Grégoire, qui a demandé avec ses homologues de Lyon et Marseille à être reçu en début de semaine par le Premier ministre Sébastien Lecornu.
Le président Emmanuel Macron a assuré que « ceux qui ont cassé, attaqué les préfectures comme les commerces, pillé jusqu'à nos mairies, seront poursuivis et punis », affirmant que « nous ferons tous bloc face aux semeurs de chaos ».
Selon l'exécutif, 1 200 personnes ont été interpellées et 150 policiers et gendarmes blessés. Plusieurs manifestants ont également été blessés, parfois gravement, notamment à Saint-Étienne, où un jeune de 17 ans a eu la main arrachée par une grenade policière.
Le Premier ministre a estimé qu'il s'agissait d'« un miracle que le bilan ne soit pas plus lourd ce soir », après une visite nocturne auprès des forces de l'ordre. Il a appelé La France insoumise, dont le leader Jean-Luc Mélenchon a défilé à Paris, à « choisir son camp » entre « celui de la République et donc des forces de l'ordre » et « celui des casseurs ». Jean-Luc Mélenchon a assuré que « ceux qui partagent » son combat « n'ont rien à faire dans le pillage, le saccage », accusant le Premier ministre d'avoir « joué avec le feu ».
Marine Le Pen a de son côté accusé les députés de La France insoumise de « légitimer la violence » et de chercher à « précipiter le pays dans le chaos ». À six mois de la présidentielle, la mobilisation sociale est un terrain d'affrontement entre la candidate RN et le chef de file de LFI.
Le ministre du Commerce Serge Papin a affirmé que l'État était « mobilisé à Bercy » pour aider les commerçants touchés. Le président de la Fédération du commerce et de la distribution, Alexandre Bompard, s'attend à de « lourdes conséquences économiques et financières » pour le secteur. Le maire d'Angers Christophe Béchu a souligné que « l'argent public qui servira à effacer les traces de ces dégradations ne pourra pas être consacré à d'autres priorités ».
Le vice-président américain JD Vance a imputé les violences à l'immigration et à des problèmes d'« assimilation », en commentaire d'une vidéo montrant l'incendie de la mairie de Limoges.
