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Kiev sous frappes répétées : Moscou appelle les étrangers à partir

La Russie a réitéré samedi son appel aux diplomates et ressortissants étrangers à quitter Kiev, menaçant de poursuivre des « frappes de représailles massives » sur la capitale ukrainienne, où un nouveau pont a été endommagé samedi après des attaques de drones ayant provoqué un chaos routier.

Le pont Nord touché samedi, après des attaques de drones sur le pont Sud jeudi et vendredi

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L’essentiel

  • Le ministère russe des Affaires étrangères a appelé samedi les diplomates et étrangers présents à Kiev à quitter la ville, réitérant un avertissement formulé en mai.
  • Moscou annonce que ses forces continueront des « frappes de représailles massives » contre des cibles militaires à Kiev et dans d'autres villes ukrainiennes.
  • Le pont Nord, l'une des huit structures franchissant le Dniepr, a été touché samedi matin, endommageant la chaussée et les câbles de trolleybus, selon le maire Vitaly Klitschko.
  • Le pont Sud avait été touché jeudi et vendredi par des drones russes, entraînant sa fermeture et d'importants embouteillages dans une métropole de trois millions d'habitants.
  • Le maire de Kiev a qualifié vendredi la situation d'« extrêmement dramatique », estimant que Moscou « saccage » la ville en visant infrastructures et logistique.
  • L'Ukraine redoute l'arrivée de l'hiver, période où ses infrastructures énergétiques peuvent être ciblées, comme lors de l'hiver précédent.
  • Vladimir Poutine a rejeté jeudi l'idée d'une trêve dans les frappes à longue portée proposée par Volodymyr Zelensky.

La Russie a de nouveau appelé samedi les diplomates et les ressortissants étrangers se trouvant à Kiev à quitter la ville, avertissant que ses forces poursuivraient des « frappes de représailles massives » contre la capitale ukrainienne, ciblée de manière répétée depuis plusieurs semaines, selon un communiqué du ministère russe des Affaires étrangères cité par l'AFP.

« La responsabilité des éventuelles conséquences négatives incombe entièrement à ceux qui ignorent cet avertissement », prévient Moscou, qui annonce que l'armée russe continuera de viser « des cibles militaires à Kiev et dans d'autres villes ukrainiennes ». Il s'agit d'une réitération d'un premier appel du même type formulé en mai, rappelle la source. À l'ONU, une cinquantaine d'États avaient alors qualifié ces messages de « menaces » contre les diplomates présents à Kiev, et les chancelleries occidentales ne les avaient pas suivis.

Sur le terrain, le pont Nord, l'une des huit structures qui enjambent le Dniepr, a été touché samedi matin par des bombardements russes, a annoncé sur Telegram le maire de Kiev, Vitaly Klitschko. La chaussée et les câbles des trolleybus ont été endommagés et la circulation a été coupée dans le sens rive gauche-rive droite, selon l'édile. Jeudi et vendredi, c'est le pont Sud qui avait été visé à plusieurs reprises par des drones russes, entraînant sa fermeture et un chaos routier dans la métropole de trois millions d'habitants. Il s'agissait, selon la source, des premières attaques importantes contre un pont majeur de Kiev depuis le début de l'invasion russe en 2022, une hypothèse que l'Ukraine redoutait de longue date.

Vendredi, M. Klitschko avait qualifié la situation dans la capitale d'« extrêmement dramatique », estimant que Moscou était en train de « saccager » la ville en s'en prenant systématiquement à ses infrastructures et à sa logistique.

La source indique que l'Ukraine et la Russie ont nettement intensifié leurs frappes à longue portée ces derniers mois, avec un nombre croissant de victimes civiles. Kiev, particulièrement ciblée, vit au rythme d'alertes aériennes incessantes. Moscou a par ailleurs dévasté le secteur ukrainien de la métallurgie et perturbé une large part des exportations agricoles via la mer Noire, affectant l'économie du pays ; des stations-services, centres commerciaux, centres de données et opérateurs téléphoniques ont aussi été pris pour cibles. En Russie, les frappes ukrainiennes visent raffineries et dépôts pétroliers — provoquant une crise du carburant cet été — ainsi que des entrepôts de géants du e-commerce comme Wildberries et Ozon.

Sur le plan diplomatique, Volodymyr Zelensky multiplie depuis l'été les propositions de trêve dans les frappes à longue portée, après une opération estivale de « 40 jours » visant à faire chavirer l'économie russe. Vladimir Poutine a rejeté cette idée jeudi lors du forum de Valdaï, jugeant « ridicule » l'échange suggéré entre l'arrêt des frappes russes sur les raffineries et celui des frappes ukrainiennes sur les navires.

L'Ukraine redoute surtout l'arrivée de l'hiver, période critique durant laquelle ses infrastructures énergétiques peuvent être prises pour cible. Lors de l'hiver précédent, la Russie avait dévasté des centrales ukrainiennes, plongeant par moments des millions de personnes dans le froid et le noir. « Les Ukrainiens sont conscients que cet hiver pourrait être très rude pour nous. Mais face à cela, nous n'aurons d'autre choix que de le rendre pénible pour la Russie également », avait déclaré M. Zelensky à la tribune de l'ONU fin septembre.

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