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France-MondeKiev, Ukraine

Kiev paralysée après la fermeture d'un pont touché par des frappes russes

Des frappes de drones russes ont touché le pont Sud de Kiev dans la nuit, entraînant sa fermeture complète et des restrictions sur trois autres ponts. La capitale ukrainienne, qui compte environ 3 millions d'habitants, subit d'importants embouteillages. Une personne est morte dans un immeuble résidentiel touché lors de l'attaque.

Le pont Sud, visé par des drones, est fermé à la circulation ; des restrictions touchent trois autres ouvrages

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L’essentiel

  • Le pont Sud de Kiev a été touché par des frappes de drones russes dans la nuit et complètement fermé à la circulation, selon le maire Vitali Klitschko.
  • La circulation a été limitée sur les ponts Paton et Métro ; des restrictions temporaires ont aussi été constatées sur le pont Darnytsky.
  • D'importants embouteillages paralysent la capitale ukrainienne, qui dépend fortement de ses huit ponts enjambant le Dniepr.
  • Une personne a été retrouvée morte dans un immeuble résidentiel touché à Kiev lors de l'attaque nocturne.
  • L'armée ukrainienne affirme que la Russie a attaqué le pays avec plus de 100 drones dans la nuit de jeudi à vendredi.
  • Il s'agit des premières attaques importantes contre un pont majeur de Kiev depuis le début de l'invasion russe en 2022.

De grands embouteillages paralysent vendredi une bonne partie de la capitale ukrainienne après la fermeture d'un pont important reliant les deux rives de Kiev et touché pendant la nuit par de nouvelles attaques de drones russes, rapporte l'AFP.

Ces frappes ont touché pendant la nuit le pont Sud, qui a ensuite été complètement fermé à la circulation, a annoncé le maire, Vitali Klitschko, précisant que le trafic avait également été limité sur deux autres ponts majeurs de Kiev.

Ces restrictions ont provoqué d'importants embouteillages dans la capitale ukrainienne, qui compte quelque 3 millions d'habitants et dépend fortement de ses huit ponts enjambant le Dniepr. L'application de navigation Waze signalait toujours, en milieu de journée, d'énormes bouchons sur les routes longeant le fleuve qui divise en deux la capitale, rendant quasiment impossible les déplacements d'une rive à l'autre.

"Il n'y a tout simplement aucun moyen de s'y rendre. Rien. Impossible de traverser les ponts aujourd'hui", a déclaré à l'AFP Tetiana Ossypenko, une couturière de 49 ans, qui a tenté pendant trois heures de se rendre à son travail sur la rive gauche.

La veille, le pont Sud, qui supporte également une ligne de métro, avait été frappé par des drones russes avant d'être touché de nouveau plusieurs fois pendant la nuit, selon les autorités ukrainiennes. Il s'agit des premières attaques importantes contre un pont majeur de Kiev depuis le début de l'invasion russe en 2022, alors que l'Ukraine redoutait depuis longtemps de telles frappes.

À Kiev, la circulation sur deux autres ponts majeurs, Paton et Métro, a également été limitée vendredi, selon le maire. Aucune attaque n'a été signalée contre ces structures. Des journalistes de l'AFP ont par ailleurs constaté dans la matinée des restrictions temporaires sur un quatrième pont, Darnytsky.

L'ambassadrice de l'UE à Kiev, Katarina Mathernova, a déploré "le chaos routier" causé par les bombardements. "Kiev tente de traverser une nouvelle matinée. Les parents doivent toujours emmener leurs enfants à l'école. Les gens doivent toujours se rendre au travail", a-t-elle écrit sur Facebook. "La situation devient de plus en plus difficile."

Selon l'armée ukrainienne, dans la nuit de jeudi à vendredi, la Russie a attaqué le pays avec plus de 100 drones, dont près de 50 à réaction, plus difficiles à abattre. L'Ukraine a affirmé en avoir neutralisé la majorité. Lors de l'attaque, un immeuble résidentiel à Kiev a été touché et une personne y a été retrouvée morte par les pompiers alors qu'ils y éteignaient un incendie déclenché par l'impact, ont indiqué les services de secours.

Ces bombardements interviennent alors que la Russie accentue ces dernières semaines ses attaques meurtrières à travers le pays. À Kiev, particulièrement ciblée, les sirènes d'alerte aérienne retentissent sans cesse. Des frappes répétées contre des trains et des stations-service ont déjà touché les réseaux ferroviaire et routier ainsi que des sites de logistique et de communication à Kiev et dans sa région.

Face aux frappes de Moscou, l'Ukraine mène des attaques en représailles depuis des mois sur le territoire russe, en particulier sur les raffineries. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a affirmé vendredi que de nouvelles frappes de son armée avaient touché des sites pétroliers et militaires dans plusieurs régions russes. Jeudi soir, il avait déjà déclaré que l'Ukraine avait utilisé, pour la première fois au combat, le FP-7, un missile balistique tactique de fabrication nationale.

L'Ukraine manque néanmoins de moyens antiaériens contre les missiles balistiques et contre les nouveaux drones à réaction. Dans un entretien avec le Financial Times, M. Zelensky a indiqué que les avions F-16 fournis par des alliés se montraient efficaces contre les drones à réaction, mais que trop d'appareils passaient de longues périodes en Europe pour y être réparés. La diplomatie ukrainienne a de son côté affirmé vendredi utiliser toujours "intensivement" ses chasseurs, démentant les informations du Wall Street Journal selon lesquelles des problèmes de maintenance en ont immobilisé la majeure partie.

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