La journée de mobilisation nationale contre la « vie chère » a donné lieu samedi à de vives tensions, notamment à Paris et à Marseille. À la mi-journée, les autorités ont recensé 140 actions et 32 800 personnes en province, ainsi que 166 interpellations sur l'ensemble du territoire national.
À Paris, les tensions ont grimpé place de la République avant même le départ du défilé, prévu vers 14 heures. Les forces de l'ordre ont fait usage à plusieurs reprises de gaz lacrymogènes face à plusieurs centaines de manifestants, pour la plupart masqués et vêtus de noir, dont certains tiraient des mortiers d'artifice. Des contrôles stricts ont été menés toute la matinée pour faire respecter les arrêtés d'interdiction de manifester dans certains secteurs et intervenir autour de cortèges sauvages. Une vingtaine d'interpellations ont eu lieu après une action devant le siège de CNews, où des projectiles ont été lancés et des vitres brisées, selon la préfecture de police. Plusieurs véhicules ont été incendiés dans une rue adjacente à la place de la République.
À Marseille, des magasins ont été vandalisés sur la Canebière et le poste de police municipal dégradé, selon l'entourage du ministre de l'Intérieur. Des manifestants ont brièvement pénétré dans le hall de la mairie après avoir enfoncé la porte, avant d'être dispersés par les forces de l'ordre.
D'autres villes ont été concernées : des ronds-points ont été occupés à Rennes, Langon ou Marmande, et les forces de l'ordre sont intervenues à Toulouse pour empêcher des blocages de trains et d'un rond-point. Un bâtiment de la faculté de lettres de Rouen a été touché tôt samedi par un incendie vraisemblablement d'origine criminelle, qui a endommagé deux étages et une partie de la toiture.
L'appel à la mobilisation, relayé sur les réseaux sociaux, s'adressait notamment aux gilets jaunes, aux lycéens et étudiants, aux salariés et aux militants pour le climat, à six mois de l'élection présidentielle. Emmanuel Macron avait lancé vendredi un appel au calme depuis Bruxelles, tandis que l'entourage du ministre de l'Intérieur jugeait très forte la probabilité que l'ultragauche fasse dégénérer les cortèges de l'après-midi. Une intersyndicale a par ailleurs appelé à manifester et faire grève le 5 novembre.
