Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré dimanche devant des ambassadeurs étrangers à Téhéran qu'il n'existait pas de "solution militaire" à la guerre au Moyen-Orient, plus de sept mois après le début des hostilités. "Si nos ennemis choisissent à nouveau la voie de la confrontation militaire, notre riposte sera plus forte qu'auparavant", a-t-il averti, ajoutant qu'"aucune solution fondée sur de nouvelles sanctions" n'était viable et que "seules des négociations basées sur la justice et l'équité" permettraient de trouver une issue.
Malgré la conclusion d'un cessez-le-feu irano-américain en avril, la signature d'un protocole d'accord en juin et des échanges indirects en marge de l'Assemblée générale de l'ONU en septembre, les tractations diplomatiques marquent le pas. Chacune des parties profère régulièrement des menaces de nouvelles frappes.
L'Iran a proposé fin septembre un plan pour rouvrir sous sept jours le stratégique détroit d'Ormuz, en échange notamment de la levée des sanctions américaines. Donald Trump a rejeté cette proposition tout en laissant la porte ouverte à des négociations indirectes, sans exclure une reprise des hostilités. Washington a parallèlement renforcé sa pression économique en imposant de nouvelles sanctions contre le secteur aérien iranien.
Sur le terrain, une accalmie relative a été observée ces dernières semaines : les États-Unis n'ont pas frappé l'Iran depuis le 1er septembre, même si des navires sont régulièrement pris pour cible dans le détroit d'Ormuz. Dimanche matin, l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO a rapporté qu'un nouveau tanker avait été touché par un "projectile non identifié", causant "des dégâts dans la salle des machines". L'équipage est sain et sauf selon l'agence.
Avant la guerre, un cinquième des flux mondiaux d'hydrocarbures transitait par cette voie maritime, dont Téhéran revendique le contrôle. En rétorsion, les États-Unis imposent un blocus des ports iraniens. Selon des données préliminaires de la plateforme Kpler, les flux pétroliers sortis du Golfe par cette voie ont atteint fin septembre leurs niveaux d'avant-guerre. Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a réaffirmé dimanche que "rétablir la sécurité de cette voie maritime exige des mesures concrètes de la part des Américains", citant la levée du blocus et des sanctions.
Depuis l'entrée en vigueur des nouvelles mesures américaines, le nombre de vols à destination ou au départ de l'aéroport international de Téhéran a baissé de 42%, selon Flightradar24, certaines liaisons vers la Turquie et la Chine restant assurées.
Le média américain Axios a par ailleurs fait état du déploiement par les États-Unis de batteries supplémentaires de missiles Patriot en Arabie saoudite et au Qatar, ainsi que de la direction du porte-avions USS Theodore Roosevelt vers le Moyen-Orient. Selon Axios, les principaux membres du cabinet du président américain ont discuté vendredi de la suite à donner à la guerre contre l'Iran et au conflit au Yémen, devenu le nouveau front régional.
Les Houthis pro-iraniens y combattent les forces gouvernementales soutenues par l'Arabie saoudite. Ils ont affirmé samedi avoir frappé un site d'Aramco au sud de Ryad, y provoquant un incendie qu'un journaliste de l'AFP a pu observer. Le porte-parole de la coalition dirigée par l'Arabie saoudite, le général Turki al-Malki, a toutefois rejeté ces revendications comme "trompeuses" auprès du quotidien saoudien Asharq Al-Awsat.
