Aller au contenu
ENDIREKLA RÉUNIONL’actualité en lecture libre Rechercher
Faits diversCagnac-les-Mines, Tarn, France

Jubillar : la reconstitution ne convainc pas les parties civiles

La deuxième reconstitution du meurtre de Delphine Aussaguel s'est tenue vendredi dans le Tarn. Cédric Jubillar, qui a admis son crime en juillet après cinq ans de déni, a livré une version des faits que les avocats des parties civiles jugent truffée de contradictions. Son procès en appel est prévu du 30 avril au 14 mai à Toulouse.

L'accusé a reconnu le meurtre de Delphine Aussaguel en juillet, mais son récit de la nuit du drame reste jugé incohérent

Illustration de l’article : Jubillar : la reconstitution ne convainc pas les parties civiles
Image d’illustration générée par IA ou utilisée comme référence. Elle accompagne l’article et peut différer de la réalité des lieux, des personnes ou des événements présentés.

L’essentiel

  • La reconstitution s'est déroulée vendredi dans la maison du couple à Cagnac-les-Mines (Tarn) puis dans un champ à Mailhoc où des ossements ont été retrouvés.
  • Cédric Jubillar, 39 ans, a admis son crime le 16 juillet après cinq ans de déni, puis a conduit les enquêteurs sur le lieu où il avait dissimulé le corps.
  • Les avocats des parties civiles estiment qu'il s'est « enferré dans ses mensonges » et que son scénario « ne tient pas la route ».
  • Selon une avocate, il a été « incapable de porter le corps » lors de la mise en situation et s'est montré « froid, sans affect ».
  • L'avocat de la défense, Pierre Debuisson, n'a pas souhaité s'exprimer devant la presse.
  • Condamné à 30 ans de réclusion en première instance en octobre 2025, Cédric Jubillar a fait appel ; un nouveau procès se tiendra à Toulouse du 30 avril au 14 mai.
  • Des fouilles menées mercredi et jeudi dans un champ de Mailhoc n'ont permis de retrouver aucun élément nouveau.

La deuxième reconstitution du meurtre de Delphine Aussaguel, survenu dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 à Cagnac-les-Mines dans le Tarn, s'est achevée vendredi sans apporter de version crédible des faits selon les avocats des parties civiles, rapporte l'AFP via Imaz Press Réunion.

L'opération, encadrée par un important dispositif de forces de l'ordre et d'une durée d'environ trois heures, s'est déroulée d'abord dans la maison inachevée du couple à Cagnac-les-Mines, près d'Albi, puis dans un champ de la commune de Mailhoc, à une dizaine de kilomètres, où ont été retrouvés les ossements de l'infirmière de 33 ans et mère de deux enfants. Elle faisait suite aux aveux de culpabilité de Cédric Jubillar en juillet.

« Sans véritablement avouer les faits, il les a reconnus », a relevé Me Laurent Boguet, avocat de l'administratrice judiciaire en charge des enfants du couple. Mais pour les représentants des parties civiles, seuls à s'exprimer vendredi, la matinée a laissé un goût d'inachevé. « Je crois qu'on est encore loin du compte. Maintenant, il va y avoir un procès devant la cour d'assises et on va pouvoir débattre de tout ce qui ne va pas (…) il y a des choses qui ne collent pas », a souligné Me Malika Chmani, qui représente les deux enfants du couple.

Selon elle, Cédric Jubillar « continue de s'enferrer dans ses mensonges à l'infini, il dit tout et n'importe quoi, nous n'avons rien appris de nouveau ». Pour Me Mourad Battikh, avocat d'oncles et tantes de la victime, la version de l'accusé est « un scénario construit, sans témoin, un scénario qui ne tient pas la route au regard des éléments matériels et pragmatiques auxquels il est confronté ».

Le 16 juillet, après cinq ans de déni, Cédric Jubillar, 39 ans, a fini par admettre son crime, puis il a conduit les enquêteurs le lendemain à l'endroit où il avait dissimulé le cadavre de son épouse. Vendredi, devant les magistrats, gendarmes et avocats qui scrutaient ses gestes, il a relaté sa version de la nuit du drame, en plein confinement, mimant ses gestes. « Il a été incapable de porter le corps de Delphine. Mis en situation, il a été mis en difficulté immédiatement », a détaillé Me Battikh, tandis qu'un de ses confrères racontait un mis en cause qui était « mal » au moment de refaire le geste d'étranglement sur une gendarme jouant le rôle de son épouse.

Me Pauline Rongier, qui défend les intérêts d'une amie de Delphine Aussaguel, a « vu un Cédric Jubillar froid, sans affect qui a décrit très factuellement un scénario sans émotion, sans parler d'elle, sans expliquer ce qu'il a pu ressentir en la voyant morte, sans incarner non plus tous ses actes ». La première présidente de la cour d'appel de Toulouse, Chantal Ferreira, avait indiqué en amont qu'il s'agissait d'une « mise en situation » plutôt que d'une reconstitution, le choix ayant été fait d'organiser cet acte d'enquête en plein jour alors que les faits s'étaient déroulés la nuit.

Pour Me Philippe Pressecq, avocat d'une cousine de Delphine, Cédric Jubillar n'a pas encore compris que ses seuls aveux ne suffisaient pas. « Avouer un meurtre, c'est quelque chose d'important mais quelque chose d'important aussi, ce sont les circonstances du meurtre, la préméditation, la façon de tuer, la façon de se séparer du corps (…) et là, ce qu'il a à dire est tellement horrible, qu'il n'arrive pas à le dire et qu'il ne le dira jamais », a-t-il déclaré. Me Rongier estime que son attitude confirme « non seulement l'idée d'une intention de tuer mais également d'une réflexion préalable et d'une éventuelle préméditation ».

L'avocat de Cédric Jubillar présent lors de la reconstitution, Me Pierre Debuisson, n'a pas souhaité s'exprimer devant la presse. Condamné en première instance à 30 ans de réclusion criminelle en octobre 2025, Cédric Jubillar a fait appel. Un nouveau procès se déroulera à Toulouse du 30 avril au 14 mai, devant la cour d'assises de Haute-Garonne. Mercredi et jeudi, une nouvelle séquence de fouilles, très attendue par la famille et les proches, a été organisée par les gendarmes dans un champ de Mailhoc qui n'avait pas encore fait l'objet d'investigations, selon une source proche de l'enquête, mais aucun élément nouveau n'a été retrouvé.

Toute la rubrique Faits divers